dimanche 18 septembre 2011

LE SOURIRE DE LEONOR


Elle zigzague dans le hasard de bus et moto taxi à la recherche du bus qui la ramènera chez elle pour le week-end. La peur et la fatigue lui ont creusé des cernes qui malgré tout n’altèrent pas les traits fins et la beauté toute africaine de  Leonor. Une gazelle coiffée de quatre grosses tresses plaquées qui porte un short en jean bleu délavé, un tee-shirt jaune très usé et des claquettes en plastique. Dix-neuf ans, deux enfants, et une innocence que la dureté de la vie ne lui a pas encore enlevée. C’est celui-là, celui qui est en tête, il va partir d’une minute à l’autre. Elle peut monter directement, elle n’a pas de gros bagages à mettre dans la soute ni sur le toit, un simple sac plastique avec quelques galettes et des fruits qu’elle pose sur ses genoux. La foule à l’extérieur continue de s’agiter, les bus vont et viennent dans un brouhaha de cris, de bruits d’animaux, de klaxons, et de poussière de sable. Mais son regard à elle est tourné vers le ciel, elle pense.

Leonor a deux enfants, Tatiana, 2 ans et Maceo, 5 ans. Sa mère s’occupe de ses enfants depuis qu’ils sont nés. Il n’y a pas beaucoup de travail au village, alors pour pouvoir nourrir sa famille il n’y a pas d’autre option que d’aller à la ville. Faire le voyage tous les jours est impossible, trop long et cela coûterait cher. Elle voit ses enfants 2 week-ends par mois, mais ce sacrifice lui permet de les nourrir tous les jours ainsi que sa mère, alors elle se fait une raison. Le père des enfants ? Un paysan alcoolique qui avait su la courtiser, mais dès que son ventre s’est arrondi il a refusé cette charge supplémentaire et a fui. Il n’a pas pu partir loin pour son travail, et de village en village tout se sait, alors il a fini par vouloir connaître son fils Maceo. Plus par fierté que par amour  mais il est revenu. Leonor avait du mal à joindre les deux bouts, alors elle décida de donner une nouvelle chance à cet homme qui lui avait pourtant brisé le cœur une fois. Et elle retomba enceinte, elle avait dix-sept ans.

Il y a un énorme problème de prévention et protection en Colombie, seule la classe moyenne peut s’offrir la pilule ou les préservatifs. Pas de sécurité sociale, pas d’allocations familiales et encore moins de RSA. Il faut pourtant trouver les moyens de nourrir sa famille, d’avoir un toit, et pouvoir scolariser ses enfants. Depuis 1990 le gouvernement tente de mettre en place une structure spécifique pour la jeunesse, la femme et la famille en réponse à divers mouvements sociaux féminins (ACPEM : Consejería Presidencial para la Equidad de la Mujer). Malgré tout, les derniers chiffres bien qu’en baisse depuis 2005 , restent alarmants : 19,5% des adolescentes entre 15 et 19 ans sont déjà tombées enceintes, 3% sont mères à 15 ans, 33% à 19 ans. Le taux est plus élevé pour les populations rurales et les non ou peu scolarisés.

Leonor mit au monde sa petite fille seule, le père disparut quelque temps avant l’accouchement au bout d’un an et demi de vie commune. Mais elle en était heureuse, il était devenu un de ces hommes vides, qui noyait sa peur dans l’alcool jusqu’à en perdre le cours de sa propre vie. Parfois il devenait violent, une fois il tenta même de la poignarder.
Le bus a traversé beaucoup de villages, mais l’angoisse n’est pas partie. Comment a t-elle pu être aussi stupide ? Elle a été faible et a craqué, ça faisait un moment qu’il la courtisait de toute façon, et ce soir-là il lui avait offert un petit haut, un top. Et maintenant deux semaines de retard alors qu’elle venait juste de trouver une place de femme de service pour une famille bourgeoise. C’était une chance inouïe ! Elle travaillait jusqu’alors avec sa sœur  dans  un restaurant minimaliste mais très populaire en plein  milieu du marché du centre ville. Sa sœur, Lucinda, était plus petite et plus ronde qu’elle, mais il faut dire qu’elle a eu quatre enfants déjà. Un sacré bout de femme qui rentrait tous les week-ends au village pour aider à la maison et voir ses enfants. Son mari s’occupe des enfants qui sont scolarisés, sauf le fils cadet, Louis, qui souffre d’une forme de paralysie d’une partie du cerveau. Il ne peut pas marcher, ne parle qu’avec de petits bruits mais pas de mots, il n’a donc aucune autonomie. La famille s’organise et se relais pour que l’enfant ne soit jamais seul. La grand-mère maternelle vit avec eux, une force de la nature, elle s’occupait de ses petits-enfants avec une patience et douceur ajoutée à une autorité indiscutable qui faisait d’elle la favorite des enfants.

Leonor ne peut se permettre d’avoir un autre enfant, et puis cet homme, elle n’est pas encore sûre de l’aimer… Il lui plait beaucoup et il est attentionné, mais elle ne le sait que trop, ils sont tous comme ça au début. Le bus arrive à destination, elle descend et se fait aussitôt happer par les motos taxis, les vélos taxis, et les vendeurs ambulants. Après une courte négociation la voilà assise sur le guidon d’un vélo sur une route en terre cabossée. On y croise les motos, les « colectivos », les carrioles et chevaux, les véhicules militaires, les marchands ambulants chargés de lourdes cargaisons. Direction la petite maison qu’elle se construit peu à peu ,elle doit prendre les bidons chez elle, puis aller chercher de l’eau au puit au centre du village pour laver la maison et cuisiner plus tard . Elle ne peut avoir accès à l’eau courante ni l électricité pour le moment, c’est tout le quartier qui est très précaire. Pourtant il y a une douche à l intérieur. Elle vit dans une sorte de résidence avec plein de petites maisons en parpaings de béton bruts. Chacun a un tout petit bout de cour ou de jardin. Après ça elle ira chercher ses enfants, leur offrira un « dulce », une sucrerie, et passera 2 jours à s’émerveiller de la rapidité avec laquelle ils grandissent et se développent. Ils sont en parfaite santé, ce qui est une vraie bénédiction car l’accès aux soins deviens vite compliqué en zone rurale, encore plus quand on est pauvre.

Lucinda a un nouveau problème à résoudre, son fils a troué ses chaussures, or pour pouvoir rentrer à l’école son costume doit être nickel. Il faut donc lui en racheter une paire, mais il y a aussi les médicaments pour Louis à renouveler depuis deux semaines. N’importe qui pourrait vouloir baisser les bras, mais Lucinda n’est pas de ceux-là. La lutte quotidienne pour assurer la survie de l’ensemble de la famille n’est pas un phénomène rare sur ces terres encore sauvages par endroits. Beaucoup de pauvres et quelques riches, très riches, l’écart social est grand et cela creuse de profondes inégalités.
La Colombie a la troisième part de population noire la plus grande du continent derrière les Etats Unis et le Brésil. Les Afro-Colombiens représentent environ 26 % de la population du pays, mais plus de 75 % des pauvres et gagnent 34 % de moins que leurs homologues blancs. Dans toute la région de l’Amérique latine, cette population fait face à un manque d’accès à l’emploi et perçoit des salaires bas. Les populations d’origine africaine n’ont pas profité des progrès en matière de développement et cette fracture entrave le développement des pays mêmes. (*) . Lucinda et Leonor savent lire, écrire et compter, mais le reste de leur éducation est la réalité de leurs vies, quand elles ont dû travailler petites pour aider leur famille à survivre. Les femmes ayants des enfants très jeunes arrêtent leurs études tôt, et cela crée un vide au niveau de l’emploi notamment dans certains secteurs comme le médical. Le gouvernement tente d’ailleurs de lancer des campagnes de publicité pour sensibiliser les jeunes sur cette réalité.


Mais ce soir l’heure est à la joie, l’air se remplie d’odeurs de fête et Leonor, Lucinda, et leur grande famille vont se retrouver au centre du village pour la clôture du carnaval. Vallenato, ranchera, reggaeton, il y en a pour tous les goûts. Demain sera un autre jour. Ce soir on fête la vie, la joie de vivre, l’amour de vivre, la rage de vivre. On ne se plaindra pas de ses soucis, on ne parlera pas de ses peurs, mais juste de nos rêves, de nos joies, de nos désirs, de nos plaisirs. On aime ces moments où l’on se retrouve, on partage, alors on ne rate absolument aucune occasion. Tout, absolument tout, se fête. Les naissances, mariages, séparations, anniversaires, déménagements, emménagements, toutes les fêtes religieuses, les fêtes saisonnières, les fêtes sportives, les fêtes politiques. On mange les fritures, grillades, gâteaux, galettes, jus de fruits. On ouvre la bouteille et les premières gouttes vont à la terre, pour tous ceux qui sont partis mais qui vivent encore dans nos cœurs. Jusqu’au petit matin la musique et la joie battront leur plein, parce que même si la vie n’est pas si facile, les bonheurs simples ont su rester une valeur que l’on vit avec le sourire au lèvres et les étoiles dans les yeux. On n’a pas le temps de pleurer sur son sort, de baisser les bras, de repousser à un éternel lendemain. Les étrangers qui viennent là-bas se demandent souvent ce qui peut rendre aussi joyeux, accueillant, souriant cette façon de vivre malgré toute sa simplicité. Le secret n’est pas bien loin voyez-vous, il suffit pour cela d’accepter de vivre son présent. Un présent qui ne ment pas, un présent que l’on optimise de ses rêves, de ses valeurs et de sa foi.
C’est ce qui attire et fidélise les clients au marché du centre ville, l’amour de la vie dans les yeux et dans le sourire de Leonor.

Vivre comme si on devait mourir demain n’est plus une belle maxime philosophique mais une réalité qui sévit depuis de longues années d’invasions, esclavages, massacres, déplacements, et guerres.





(*)Les besoins des descendants d’africains en matière de développement 
Par Judith Morrison


mardi 23 août 2011

WANTED


   WANTED



    J'étais assise dans le métro et je rentrais chez moi.
   Nous vivons, avec mon fiancé, dans un joli trois pièces rue Jean-Pierre Timbaud.
   J'étais donc sur la ligne 9 et m'apprêtais à descendre à Oberkampf, lorsque je sentis un regard insistant sur moi.
   Vous savez cette sensation quand on sait que quelqu'un vous observe.
   Je remarque alors ce jeune homme assis de l'autre coté de l'allée au bout du wagon qui détourna les yeux lorsque mon  regard croisa le sien.
    Je descends et puis de suite il s'approche et me demande :
- Vous êtes pas chilienne?
C'est très surprenant comme façon d'aborder.
D'habitude on me demande plutôt:
-Vous venez d'où ?
Je lui réponds alors avec un sourire que oui.
Et puis il me dit avec les yeux pleins d'étoiles :
-J'en étais sûr ! Je suis passionnée par ce pays depuis toujours, et je pars au Chili la semaine prochaine, je compte y rester quelques mois.
Je lui dit alors avec fierté que c'est un pays magnifique, que les gens sont merveilleux, et qu'il va passer des moments inoubliables.
Cette mini conversation a lieu juste le temps de monter les escaliers pour sortir à l'extérieur.
Nous arrivons en haut et il me dit :
-J'aimerais te revoir avant mon départ, peut être que tu peux me donner des contacts pour là bas ? Tu habites dans le quartier ? Moi j'habite rue de Crussol juste là.
Ce à quoi je réponds:
-Oui je vis rue Jean Pierre Timbaud….
Et puis j'hésite un instant mais connaissant la possessivité de mon fiancé je lui réponds :
- Ecoute si le destin décide que l'on doit se voir on se croisera dans le quartier mais je ne peux pas te laisser mon numéro je suis désolée. Bon voyage dans tous les cas !
Et puis je m'éloigne sans me retourner.
C'est toujours délicat de parler aux gens dans ce pays, on ne peut se permettre de communiquer sans que les gens se fassent des films tellement la beauté de l'échange s'est perdue et vulgarisé…
Et puis je suis rentrée chez moi.
Le lendemain matin, mon fiancé est descendu comme tous les matins boire son café au "Trois Tétards" le café du coin, et il a pour habitude de me remonter un chocolat à emporter préparé avec amour par Dom avec des croissants frais.
(Parenthèse gourmande pour ce merveilleux chocolat chaud fait de chocolat noir fondu et lait chaud...)
Mais ce matin là il est à peine descendu qu'il remonte direct, avec dans les mains une affiche qu'il me brandit sous le nez avec un air furieux :
-Qu'est ce que c'est que ça Laura ?
Je lis alors ce message sur cette affichette format A4:
"LAURA, JE T'AI RENCONTRÉ HIER SOIR DANS LE METRO A OBERKAMPF ET J AIMERAIS VRAIMENT TE REVOIR. VOICI MON NUMERO : 06. XX.XX.XX.XX
ANTOINE "
Moi qui ai voulu éviter tout problème en ne laissant pas mon numéro,je me retrouve dans une problème dix fois plus grand !
Je lui explique alors cette rencontre de la veille, et que justement pour éviter tout quiproquo j'ai été polie mais rien de plus.
Et il me dit toujours aussi furieux:
-Mais tu lui a dis où tu vis? !!!! Tu sais que cette affiche est placardé sur toute les portes de toute la rue ? Tout le monde dans la rue, les commerçants se sont moqués quand je suis descendu en me disant qu'à priori quelqu'un cherche ma femme ! Tu te rends compte de ce que tu as fait?
Je tente d'expliquer tant bien que mal que je n'ai rien fait, la preuve si il a mis ça dans toute la rue…
Bon la suite on la devine, mon fiancé a appelé le pauvre Antoine en lui demandant d'oublier Laura étant donné que Laura est SA fiancée !!!
Et Antoine n'a put que se confondre en excuses.
Il n'y a pas de temps pour aimer, être aimé ou vouloir donner de l'amour…
Car qui sait ce que peut nous réserver ce nouveau soir, ce nouveau jour…
Chaque jour nous prenons tous des risques stupides, en traversant une rue, en roulant avec sa voiture, en mangeant dans un fastfood douteux, en marchant sur un tronc d'arbre glissant… mais avoir le courage de sentir son coeur battre un peu plus fort en offrande à la vie est un risque qui effraie… mais pourquoi?
Antoine l'a pris ce risque, et même si la fin ne fût pas belle pour lui saluons son courage !
Fin
Bonne Saint Valentin ❤
14/02/2011


Rêver, Aimer, Vivre


Rêver, aimer, vivre….
Ana a toujours été rêveuse. Elle aime se plonger à corps perdus dans les histoires pleines de magies, de fées, de princesses esseulées. D'ailleurs sa passion des livres la poussa à choisir un métier dans ce domaine. On ne cesse de lui répéter qu'elle a le temps, a à peine 17 ans, de rencontrer l'amour. Et puis on se trompe, on tombe, on vole, mais ce sont tous ces voyages qui peu a peu nous montrent qui nous sommes et ce que nous voulons. Mais Ana rêve et en est heureuse et insouciante.
Ana aime la musique, celle qui la transporte, celle qui transpire le soleil. La musique qui amène son corps a onduler, sa peau a frémir, dans un sorte d'ode à la vie faite de rythme et de sueur.
Elle n'a jamais pensé devenir une femme objet, une femme jouet.
Mais la vie, la vie si joueuse l'a mise devant une épreuve à laquelle elle a échoué.
Elle succomba aux avances d'un beau parleur, spécialiste en la matière il faut dire, qui allait de ville en ville, noyant sa solitude et ses complexes, dans les lits de jeunes femmes à peine mûres et innocentes, victimes parfaites, pour se sentir "être". Par ces propos il en fit sa muse, et elle ne décela pas la ruse destinée à occulter joliment que cet homme là avait une femme et des enfants, et des dizaines d'autres muses dispersées au fil du vent. Avant de partir, il lui avoua, qu'il avait une femme mais qu'il voulait la quitter, surtout depuis cette rencontre . La jeunesse a cela de bon, on n'imagine pas que les gens puissent être des manipulateurs, on boit innocemment le mensonge.
Les jours, les mois, et les années passèrent, et son Roméo occasionnel devint à ses yeux un ami, un confident, et ils trouvaient toujours un moment pour se rejoindre, un jour ou deux, faire comme si le monde n'était qu'à eux.
Ils échangeait lettres passionnées, photos intimes, dans une sorte d'euphorie propre à l 'adolescence ou la passion.
Et puis au bout de la troisième année, quelques chose avait changé, il cessa d'envoyer les poèmes passionnées hebdomadaires. Il prétexta le travail, les voyages, et lui promis de passer quelques jours de vacances.
Quelques semaines après il la fit donc venir dans ce nouveau chez lui, il avait finalement fini par quitter sa femme. Elle était si heureuse d'apprendre qu'elle ne serait plus obligée de cacher cette idylle.
Mais son bonheur dura a peine quelques minutes, car qu'elle ne fut sa surprise de découvrir dans la chambre la photo d'une femme asiatique avec un bébé, dans les placards des habits de femme, et elle savait que l'ex-femme de son Roméo n'avait rien d'Asiatique.
Il s'assit sur le lit face à elle, et lui expliqua qu'il l'avait faite venir pour lui dire au revoir, qu'il tenait beaucoup à elle mais que son coeur appartenant désormais à cette jeune femme asiatique, qui était alors partie en voyage dans son pays. Mais au nom de leur amitié et amour au fil des quelques années de leur histoire à distance, il tenait à partager quelques jours pour se dire au revoir tendrement.
Ana était assise sur le lit, regardait autour d'elle, écoutait cette voix qui avait bercé tous ces rêves au fil des années. Tellement de sentiments envahissaient son coeur qu'elle ne savait plus que penser, ni même que faire. Elle a toujours rêvé en secret sans jamais lui avouer, qu'un jour il vienne la chercher et lui propose de partager sa vie…comme dans tous ces contes qui ont bercés son enfance.
Elle s'est battue avec elle-même sous le poids de la culpabilité, quand elle pensait à cette autre femme, la mère des enfants de son Roméo, et se disait qu'elle brisait une famille. Mais il a toujours su trouver les mots pour la mettre sur le piédestal de maîtresse de son coeur et muse de son âme. Elle a écarté les dizaines d'hommes qui lui ont ouverts leur coeur, ne s'autorisant que de brèves expériences charnelles, "pour l'hygiène" disait-elle en riant.
Elle ne trouva aucun mot, aucun qui puissent exprimer ses sentiments, mais des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Il la prit dans ses bras, embrassa ses yeux, et lui offrit la chaleur qu'elle aimait tant. Et puis, le lendemain, elle était de nouveau rayonnante, elle avait décidé de vivre ces derniers jours avec le sourire, qui sait, peut-être que cela pourrait tout changer…
Deux jours sont passés, dans une sorte d'euphorie et d'extase, et elle en aurait presque oublié la fin, quand la réalité lui tomba en pleine face sans crier gare.
Roméo semblait soucieux, ses traits tirés, il allait frénétiquement toutes les heures sur son ordinateur consulter ses mails, il envoyait pleins de messages qui restaient sans réponse, alors il commença a appeler pleins de gens toutes les nuits, et ce pendant deux nuits, nuit à cause du décalage horaire, dans une langue qui lui était totalement étrangère.
Ana n'était plus qu'une présence fantomatique dans la maison. Elle était soucieuse, que ce passait-il de si grave et dont il ne dise pas un seul mot? Les amis qui passaient tous les jours à la maison étaient gentils avec elle, mais aucun n'a abordé avec elle le sujet ni se sa présence, ni de ce qui se passait. Elle finit par lui demander, au nom de leur amitié, de communiquer avec elle, parce qu'elle le voyait soucieux mais qu'il n en parlait pas.
Roméo lui avoua, que sa belle asiatique avait disparue depuis quelques jours, elle ne donnait plus aucun signe de vie, et que cela est loin d'être une habitude. Il appelait tous ses amis là bas pour essayer de la localiser, comprendre, l’aider. Elle lut dans ses yeux tout l'amour qu'il avait pour cette femme, et qu'il n'avait jamais eu pour elle. Elle lisait dans les rides de son front son angoisse et sa douleur, elle sentait à sa voix tremblante, que cet homme qui lui a toujours paru si sûr de lui pouvait douter et avoir peur. Elle aurait voulu lui dire de ne plus avoir peur, que elle était là, et ce depuis de longues années, toute celles de sa vie de femme, et qu'elle était prête à l'aimer et le chérir toute sa vie. Mais il ne lui laissa pas le temps. Il tomba tel un enfant dans ses bras, les yeux pleins de larmes, en lui demandant pardon de cette faiblesse. Il lui parla de l'autre, du jour où il l'a connue, de cet univers qui le fascine et qui l'ensorcelle, de ces rêves qu'elle a fait naître par ses éclats de rire ou ses soupirs, de sa peur incontrôlable face à cet femme si indépendante et merveilleuse. Son coeur devenait une bouillie sans nom mais elle le laissa parler et pleurer dans ses bras. L'amour et la haine se battaient en elle, mais l'amour fût le plus fort et elle se mis a boire les larmes de cet homme si injuste envers elle, envers l'autre, envers l'amour, envers la vie.
Quelques jours plus tard, elle se retrouva face à un homme qui parlait tous les jours à la femme qu'il aimait, et elle devait juste se taire et accepter.
Elle ne comprenait pas pourquoi elle était là, dans cette maison, à retrouver un Roméo passionné chaque nuit qui se faisait son ami et l'homme d'une autre chaque jour. Mais le bonheur est rare, alors elle en cueillie chaque pétale jusqu'au dernier, et parti, sans se retourner, en ayant appris en quelques jours que les rêves doivent avoir leur place dans le sommeil mais pas dans la vrai vie. Vivre au lieu de rêver, ne pas croire les promesses car les promesses sont des rêves dont un autre veut vous nourrir. Ou rêver oui, mais pas de sentiments, le sentiment ne se rêve pas, il se vit.
Quelques mois plus tard, en déplacement pour son travail, elle se retrouva de nouveau dans le quartier de Roméo, et ne pu s'empêcher de flâner vers les endroits où il a l'habitude d'aller. Une jeune femme asiatique avançait face a elle dans la rue, leur regard se croisèrent, et qu'elle ne fut sa surprise de voir la jeune femme aller droit sur elle et lui demander : "Tu es Ana c'est bien ça? "
Elle se sentit si mal qu'elle ne pu rien dire, et parti sans répondre, chargé de honte et culpabilité.
L'autre jeune femme ne la poursuivit pas, mais elle sentait ce regard posé sur elle dans son dos et avança aussi vite qu'elle le pût jusqu'au coin de la rue, puis jusqu'au métro.
L'amour a des yeux au delà des organes entre le front et le nez, et au delà des mots il y a un univers de sentiments, dans lesquels il est facile de se perdre, avec lesquels certains savent jouer au détriment des autres, mais heureusement la vie créatrice de cet Amour vital a sa propre notion de valeur et justice, et tout finit toujours par prendre la place qui doit être la sienne …


EL ANIMAL Y EL INSECTO


Acabo de matar una araña y me siento culpable...
No es un decir : " No esta bien ! La hubieras botado a fuera por principio…"
No es un principio, es un sentimiento…5 segundos después de haberla matado tuve como un pellizco al corazón…breve pero significativo : el pesar y el miedo.
Bueno hasta allí no me molestaba la araña, y quizás ella me hacia el servicio de ahuyentar a otros insectos mas pesados .
Sin embargo mirandola bajar a lo largo de la ranura de la puerta, su cuerpo negro y grande como la uña del dedo chiquito y las patas largas de dos de mis falanges ,mi primer reflejo fue  agarrar el zapato mas cercano...
Al  primer golpe,me aterroricé, y ella lo esquivo…..ultimo sobresalto del instinto de supervivencia , y luego pánico ! La ataque por todas partes, y ella se dejo caer a lo largo de su hilo, y allí, viendo lo que sucedía le di un golpe hacia el piso...
Fue horrible, la mate !

Hace dos días ya, sentí el inicio de la invasion anual de una colonia de hormigas en mi baño. el famoso avance de guerreras  alertas y listas, esperando cualquier  movimiento  atómico … Agarre la que paseaba al borde del espejo con un pedacito de papel, la que buscaba la salida en el piso la apachurre, la tercera, en la bañera, termino en el desagüe con la presión del agua.
Terminando la limpieza, pensé que seguro vendrán mas y que seria mejor hablar con los vecinos para que avisen a los dueños… y allí, igual, pellizco al corazón: el pesar y el miedo.

Ademas, es tan tierna una hormiga ...
Bueno quise proteger mi hogar, pero porque mi reacción fue matarlas.
El animal se enfrento al insecto en un combate totalmente disparejo.
Entonces el miedo hace surgir a ese animal?
Si nuestra diferencia con los otros animales es la conciencia y el libre albedrio
como controlar el instinto al instante del miedo ?